lunes, 8 de junio de 2015

Pauvre Emmanuel Todd : il croyait à la liberté d'expression



                                      


« Enfin on peut se le faire ce petit con d’Emmanuel », voila ce que doit se dire la médiocrité du PAF français, tous ces Filkenkraut, Fourest, et autres mythomanes de la pensée française des dernières 30 années, qui voyaient comment ce Monsieur gagné  une crédibilité certaine , non pas grâce à ses amis qui sauraient  cacher ses misères intellectuelles ou ses échec de librairie* l’ouvre de BHL, mais   grâce à son honnêteté intellectuelle et qui se manifeste dans ses mots qu’ils soient écrits ou prononcés. C’est  cette  parole   argumentée et   basée sur des faits empiriques, et qui est la  parole d’un homme dont les prédictions ne sont pas le fruit du hasard mais le résultat  d’une réflexion  murie depuis plus de 40 ans.  Or qui aujourd’hui parmi les « pafistes »  professionnels  peut prétendre à une telle prouesse ?
La réponse est toute simple : Personne.
Pour quiconque accoutumé à l’œuvre d’Emmanuel Todd, sa position concernant  l’affaire  Charlie Hebdo  s’inscrit dans la normalité de la pensée toddienne : tous le phénomènes sont passibles  d’être étudiés, mais  c’est  un  étude qui  n’implique ni positionnement  idéologique ni une justification  politique. Les  anti-américains, n’ont jamais pu  utiliser  son œuvre pour justifier leur antiaméricanisme, et les anti-communistes non plus.  L’œuvre de Emmanuel Todd    est un pur  travail intellectuel, avec un postulat de base, que le chercheur, argumente à  longueur de son œuvre,  ces arguments, irréfutables servent de base à  sa théorie  et permettent  au lecteur  de se faire une idée exacte de la situation, sans avoir peur de se laisser emporter par les sentimentalismes des journalistes et des politiciens. Le plus extraordinaire dans  l’œuvre d’emmanuel Todd,à part le fait d’être un des plus beau produits de l’intelligence humaine , c’est que justement l’auteur  vous  que la seule réalité réelle est que l’humanités avance à  petit pas, mais des pas sûrs, vers une modernité sociale qui permet à l’aune  de l’Histoire d’entrevoir non pas un monde meilleur mais le monde  serein des hommes. Et  ça c’est déjà pas mal ! Le point merveilleux   de la pensée toddienne,  c’est qu’elle est  optimiste sans être idéaliste. De plus , dans sa  pensée on est constamment confronté  à l’universalisme et à  l’humanisme  d’un homme qui ne peut concevoir la supériorité ou l’infériorité d’une culture sur une autre ;  un homme qui conçoit la modernité comme un acquis universel, et non pas comme l’appropriation exclusive d’une culture ou d’une race ;  un homme qui voit des hommes comme des  êtres égaux et non pas catégorisés  en hommes et  sous-hommes.
Emmanuel Todd,  comme beaucoup d’autres français et non français, a été sidéré par cette marche du 11 Janvier.  Comment peut-on sortir dans les mêmes manifestations avec des dictateurs africains, des assassins comme Netanyahu, ou des menteurs chroniques comme Sarkozy pour défendre la liberté d’expression ?  Comment peut-on se trouver dans une marche dont le slogan est un drapeau noir avec un texte écrit en blanc …?
 La règle dans un pays libre c’est justement de ne pas tomber  dans l’unanimisme. Dans un pays libre les brebis n’existent  tout simplement pas ! Mais qui c’est  ce Charlie ?  Les victimes du Hyper Cacher ?  c’est Ahmed M’rabet ? Les martyres de  Charlie Hebdo ? Tous en même temps ? Ou  c’est plutôt les vivants? Ceux qui se trouvaient chez eux pénards regardant Itele ou BFMtv, participant dans  l’orgie informative qui ne prit en considération ni les victimes ni leur familles ?
 C’est qui Charlie ?
Quelqu’un qui croit à la liberté d’expression ? Alors comment ne peut-il pas accepter que l’on ne soit pas Charlie ? Charlie   qui croit il à  la diversité,  pourquoi s’attaque-t- il à la religion des autres ? Charlie est il  le copain de Marianne ? Savait elle  qu’il n’aime pas tous ses enfants ? Charlie est l’héritier de la tradition française du blasphème ? Alors pourquoi  n’aime –t-il pas qu’on  blasphème contre lui ? A chacun ses sacralités !
Emmanuel Todd a remis la pendule française à l’heure quand il dénonce la persécution systématique des jeunes de banlieue ;  quand il dénonce  le sort réservé par les « mythointelos » de Paris  aux musulmans de France qui ne seront jamais perçus comme    des citoyens a part entière car ils s’habillent  différemment, mangent  différemment….. Par conséquence affirmer que les musulmans d’aujourd’hui  sont les juifs d’hier est juste, sauf si pour des considérations  idéologiques  ce ci soit impossible, de plus pour les antisémites d’hier  une chose  est  de devoir accepter les juifs obligatoirement après la deuxième guerre mondiale à cause de tout ce qu’est arrivé, et    une seconde chose,  diamétralement différente,   c’est faire en sorte   que cela soit une règle de vie sociale applicable à tout le monde.
 Toutefois,  Emmanuel Todd ne fait absolument rien d’autre que rappeler  aux  français  que ce qui   fait la richesse de leur civilisation, ce n’est pas l’unanimiste brute, mais l’universalisme critique. IL  permet de    voir comment  les Castors et les Pelloux rugissent et attaquent  tout en   soutenant  «  quelque part » -sans préciser   laquelle- l’intégrisme religieux.
On peut sentir de la compassion pour cet intellectuelle amoureux de son pays et qui souffre de le voir s’émietter.   En ce moment  précisément,  je ne  peux m’empêcher de penser que  la bêtise des hommes est si exécrable des fois qu’on n’ en peut  être  que sidéré tout en ayant un  goût  nauséabond   de vomi  dans la bouche. Pourtant  ce lynchage contre  E.Todd  me conforte dans mon idée de l’inéluctable décadence française , car  dans les pays arabes – champion de la décadence toutes catégorie confondues- existent  aussi des moralistes   qui parlent de    libertés individuelles  et  de droits  des    femme,   de la Vérité divine, et de refonte de la religion , mais qui dans la réalité  sont des idéologues    qui veulent que tout le monde soit  pareil,   luttent avec acharnement contre toute différence. Laïcs ou « barbus »,  ils ne veulent rien d’autre que créer des société uniformes où tout le monde  soit   comme tout  le monde,  avec une pensée unique, une religion unique, un espace publique unique, avec un réalité unique, avec un individus uniques : le summum du contre sens.
Emmanuel Todd est une bouffée  d’air frais , une  chance que les français ont ,  celle d’avoir un homme qui vous explique la différence entre les cultures et les nations  sans tomber dans le racisme, si cher aux racistes  antiracistes  français ; un homme en somme qui crée des trait d’union entre les gens, qui explique preuve à  l’appui  que si aujourd’hui tout va mal, l’histoire ne peut qu’aller vers un monde meilleur, peut être qu’il dit faux mais  , comme moi,  les russes sont convaincus  de son génie, vu qu’il leur a promis dans les années 70 le paradis, et  qu’aujourd’hui ils s’approchent  de ce paradis que ne  le sont  les français qui s’ y trouvaient dans les années 70 .  Donc,  quand il dit que   le futur  du monde musulman sera démocrate et libre, alors moi aussi je le crois, et si en plus ses arguments sont en bétons, et biens je le crois encore plus.
Je ne suis pas Charlie,  je ne suis pas américain , je ne suis pas palestinien,  je ne suis pas  un slogan mis en place pour user et abuser du meilleur de mes sentiments et ainsi servir des idéologues bêtes et stupides, je suis un individu libre qui  je veux garder intacte ma capacité critique et mon droit à l’erreur ;  je  refuse   le jeu de l’unanimisme  dans un monde globalisé ;  je n’accepte ni un oui ni un non sans explications raisonnable , et cela s’applique au bourreau de Charlie Hebdo, et de l’Hyper Casher, qui sont sortis de la grande famille humaine. En enlevant la vie à des hommes et à des femmes , ces trois  individus qui sont la  quintessence de l’ échec des élites françaises , sont à mes yeux tout aussi dangereux que les Charlie :  tous    refusent  la différence , tous   n’acceptent  que ce qu’ils connaissent et  tous   me refuse le droit d’exister, les uns parce que  je ne suis pas assez musulman, les autres parce que je suis trop musulman.
Etre Charlie est une défaite de l’esprit critique français et une victoire des intégristes religieux et laïques : «  il faut à présent chasser les non Charlie », prétendait une journaliste dans une débat, toute fière  de ses mots  car elle pouvait enfin prononcer  cette abrutisme qu’elle avait tant de mal à cacher  quand  on la poussait à être critique. Selon elle,  on doit  traquer  les non Charlie parce qu’ils sont tous pareils.  Ceux qui ne sont pas Charlie sont par définition des  Kouachi : un énième abrutisme qui jalonne cette histoire.
La réalité  vraie  est décrite par le dernier ouvrage  d’Emmanul todd, et si ses détracteurs le  lisaient avec un esprit à la fois ouvert et critique, ils comprendraient   vite qu’il a raison ; de plus la France est vielle, et Marianne n’est plus une fille de vingt ans, c’est une vieille dame  de quatre vingt ans  qui regrette  le temps où on dansait la Java dans les rues du village  avec les potes tout en  buvant un bon muscadet.  Cette France est heureusement morte en 68 et depuis la France a  muté génération après génération, elle s’est enrichie  et   devenue  plus cosmopolite.  Aujourd’hui,  le français de souche est aussi d’origine arabe africaine, espagnole, polaque, tous ces gens là   font la France riche, Aznavour l’arménien, Zidane l’algérien,  Valls l’espagnol, c’est ça la France d’aujourd’hui, et l’une des deux, soit les élites français ne font plus confiance à  leur système de valeurs, et la peur du religieux est fondée, car si la république ne parvient pas à  éduquer les siens le temple le fera, qu’il porte une croix, le hijab ou une kippa, soit cette élite est fondamentalement raciste et va chercher par tous les moyens à  mettre   en dehors de l’espace de la république - même physiquement-,  tous les étrangers non assimilables ,et je suis plutôt de cet avis.
Avant de conclure, je voudrais faire une petite réflexion, concernant l’antisémitisme des banlieues, il existe, je le vois en internet de manière  ouverte depuis au moins les émeutes de 2007, en banlieue existe un sentiment de haine envers les  juifs car ils seraient mieux traités par l’Etat  vue leur « puissance », de plus il y a la question palestinienne qui vient mettre de  l’huile dans le feu. Quand on parle aux jeunes des banlieues dans des forums ou dans des réseaux sociaux, l’argumentaire typiquement antisémite est très présent, ce ci étant,  il ne faut pousser  l’exagération jusqu'à croire que la situation de  la communauté juive en France aujourd’hui est pareil à  celle des années trente, car si l’équation est la suivante :un groupe dit non assimilable mis au ban  de la société et qui se voit systématiquement persécuté par  «  les puissants ! » , cette équation aujourd’hui s’applique aux français musulmans. Mais pour revenir sur un des argumentaires préféré par les ténors du sionisme français , à savoir l’exportation du conflit palestinien par les jeunes des banlieues, l’erreur  est de considérer  ces jeunes  comme exportateurs  uniques  du conflit, car  les ténors du sionisme français sont tout aussi responsables même plus vue leur présence médiatique, par des  phrase comme  «  la souffrance du peuple palestinien c’est de la petite bière en comparaison avec la souffrance des juifs » prononcés par Goldanel.  Ce n’est pas l’apaisement inter-communautaire qu’on cherche afin de créer le vivre ensemble, mais une déclaration d’intention qui exprime l’existence d’une hiérarchie des souffrances, et  à partir de là,  tout devient légitime, les Dieudonné, les Goldanel, et leurs  acolytes  musulmans ;  plus personne ne cherche le  vivre ensemble mais plutôt à se salir  les uns   les autres, et à ce niveau,  l’œuvre d’Emmanuel Todd ne sert a rien.  
Pour conclure,  une petite pensée pour Emmanuel Todd, je crois comprendre son sentiment, car  voir  comment sa nation se dirige avec bonheur et promptitude vers le mur  est quelque chose de frustrant, surtout quand on  en est témoin  impuissant, non pas parce que c’est difficile  à expliquer, mais à cause de mauvais foie des interlocuteurs.  Grâce au  génie d’E.Todd, j’avais compris en 2001,  dans  le cadre  de  ma thèse de licence , que les révolutions arabes n’étaient   qu’une question de temps ; grâce à  lui, j’ai compris que l’important n’était pas le micro événement journalistique mais, la place de ce micro événement dans la mouvement de l’histoire, mais j’ai surtout appris que l’Homme n’est pas qu’ une race, et que si la culture nous sépare, notre nature nous unis, et là  son débat avec les Charlies devient une perte de temps, pour eux les aborigènes c’est beau, mais c’est pas humains, et contre ça on peut rien faire, a part devenir survivaliste…..

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